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Témoignage
rare de l’architecture gothique en Ardèche,
l’église St-Julien est l’une des mieux
conservée de cette région. Inscrite sur la
liste des monuments historiques, elle rappelle le caractère
ancien du patrimoine tournonais.
Probablement construite à l’emplacement d’un
temple romain et certainement à la place d’une église
romane (reste de base de clocher), elle est dédiée à saint
Julien, centurion romain décapité à Brioude
(Auvergne) sous le règne de l’empereur Dioclétien
(245-313).
Erigée en collégiale, entre 1316 et 1348, l’église St-Julien constitue un ensemble architectural
assez surprenant : le clocher décalé, les chapelles
remplacées par des maisons, le plafond à l’italienne
lui confèrent un caractère atypique. Son
style gothique flamboyant se reconnaît de manière
discrète dans l’ornementation de sa façade,
avec ses motifs végétaux disposés
en guirlande et son portail à gâble notamment.
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Sur
sa façade figurent en outre des remplois romans
telle cette petite figure humaine avec des feuilles d’arbre
que l’on dit être « Eve et l’Arbre
de Vie ».
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Sur
le flanc nord-ouest, cinq petites maisons adossées à l’église
apportent à l’ensemble un caractère
insolite et un intérêt historique tout particulier.
Construites à l’emplacement de chapelles détruites à la
Révolution, elles eurent néanmoins à respecter
certaines règles aujourd’hui surprenantes
; on apprend ainsi dans les actes de vente des emplacements
que les futures maisons ne pourraient abriter «le
métier de maréchal-ferrant ou de chaudronnier».

A
l’intérieur, la vaste nef avec ses bas-côtés
et le plafond à caissons ou plafond à l’italienne,
type de plafond qui accentue l’effet de profondeur,
donnent de l’ampleur à l’espace.
Posé en
1735, ce type de plafond, inspiré de l’Antiquité,
renforce l’effet de perspective et de géométrisation
de l’espace. |

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La
chapelle latérale des Pénitents est
la partie la plus ancienne de l’église. Elle abrite
un magnifique ensemble de peintures murales du XVè-XVIème
siècle qui illustrent notamment la Passion du Christ.
La variété des couleurs et la maîtrise
de composition font de cet ensemble une réalisation
de qualité.

L’église
expose en outre de nombreux tableaux religieux
du XVIème
et du XVIIème siècle, de diverses provenances
; celui d’Horace Le Blanc, peintre de la ville de
Lyon ou un précieux triptyque du XVIème,
figurant la Visitation sont particulièrement remarquables.

La
Présentation de Jésus au temple du peintre
caravagesque Guy François surmonte un autel dédié à Notre-Dame
de Montaigu, invoquée lors des épidémies
de peste entre 1629 et 1710.
Peintre
de l’entourage de Carlo Saraceni et de Guido
Reni, Guy François participa largement à la
diffusion du caravagisme en France. Installé au Puy-en
Velay dès 1614, il joua un rôle de premier plan
dans l’activité artistique de cette région.
De son style, on retrouve ici le traitement réaliste
et contemporain, la rondeur des visages féminins,
la retenue des sentiments ou encore la disposition des personnages
en frise.
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